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Affichage des articles du mai, 2010

Le “Meilleur Parti”, un démagogue à la mairie de Reykjavik?

La victoire écrasante remportée samedi 29 mai 2010 par le “Meilleur Parti” (Besti Flokkurinn) de Jón Gnarr lors des élections locales islandaises, passerait presque pour un non-événement. Crédité, jeudi 27 mai 2010, de plus de 30% des intentions de votes par le sondage paru dans Morgunblaðið, le principal quotidien islandais, le nouveau parti semblait promis à une entrée fracassante à la mairie de Reykjavík. Et c’est effectivement ce qui s’est produit: d’après le site de RÚV (chaîne de télévision publique), remportant 6 sièges sur les 15 à pourvoir, Jón Gnarr a éclipsé tous les partis traditionnels: parti de l’Indépendance (droite – 5 sièges), les Sociaux-Démocrates (gauche – 3 sièges), les Ecologistes (1 siège) et le parti du Progrès (centristes – pas de siège). Dans un pays qui ne compte qu’un peu plus de 300000 habitants, et dont la seule capitale concentre plus de la moitié de la population, la mairie de Reykjavik, avec ses 85808 électeurs, possède une représentativité nationale ex…

Hais-tu l'Islande?

Les lecteurs assidus de Minorités ou de Minerve (agence de presse) ont certainement pu remarquer que Nicolas Jacoup et moi-même jetons un regard plutôt critique sur l'Islande contemporaine. A ce titre, notre dernier article sur le revirement homophobe de l'Eglise d'Islande à l'endroit du mariage des gays et lesbiennes, actuellement débattu à l'Alþing (parlement islandais), s'inscrit dans cette démarche. D'ailleurs, un ami proche, islandais au demeurant, me demandait naguère, alors que nous essuyions de lourdes déconvenues avec les autorités douanières au sujet de notre véhicule, si je haïssais l'Islande. La crise financière, appelée "kreppa" ici, venait alors d'éclater et commençait son terrible et profond travail de sape sur l'île nordique. J'avais répondu à mon ami que la colère que suscitait en moi ce que je considère comme des aberrations dans le système fiscal islandais, ne remettait nullement en cause ma vision sur l'ense…

Editorial de Minorités - la délation en Islande

Une brève récente, trouvée sur un média islandais, a récemment soulevé en moi un haut-le-coeur: en proie à une vague de fraudes, une compagnie d'assurances, officiant sur notre île nordique, a décidé d'inciter les gens à dénoncer anonymement ceux qu'ils suspecteraient de procédés déloyaux envers la compagnie. Directement, des souvenirs de lectures, de vieilles connaissances enfouies dans ma mémoire et devenues, certainement, structurantes de ma personnalité, ont ressurgi en me rappelant aussitôt à de fameux et souvent tristes épisodes de l'histoire européenne: les sycophantes athéniens, les proscriptions de Sylla, le rejet dédaigneux des témoignages anonymes par l'Empereur Trajan, la Terreur, et, bien entendu, l'infâme Deuxième Guerre Mondiale.  Car du fait qu'elle bafoue, au nom d'un soi-disant préférable "la fin justifie les moyens", les droits et devoirs de l'accusation comme de la défense, assurés par les institutions étatiques que sont…

Zone euro – les réformes sans les déficits

Dans ses éditions des 11 et 12 mai 2010, le quotidien français Le Monde a largement couvert le plan de sauvetage de la zone euro qui vient de naître le week-end dernier sur fond de crise aiguë. Désormais, si le plan entre en fonctionnement en l'état, les pays de la zone euro qui ne parviendraient plus à se financer sur les marchés, pourraient demander l'aide de la commission européenne. Celle-ci pourrait lever jusqu'à 60 milliards en son nom propre en mutualisant la signature d'autres pays de l'Union. En ajoutant prêts bilatéraux et aide du FMI, ce n'est pas moins de 750 milliards qui seraient mis à la disposition de pays en difficulté. En contre-partie, les états qui bénéficieraient de ces prêts de substitution, devraient -intervention du FMI oblige- accepter des plans drastiques de restructuration budgétaire. Enfin, la BCE a décidé d'un programme de rachat des titres obligataires d'états en désamour avec les marchés. Au-delà de cette victoire à la Pyrr…

Islande-zone euro: nécessité fait loi...

Les années que nous passons en Islande, s'avèrent, décidément, bien singulières. Lorsque nous sommes arrivés le 31 juillet 2008, nous ignorions qu'une crise économique d'une ampleur inédite se préparait et allait emporter deux mois et quelques jours plus tard le mirage de l'Islande fortunée, et, avec lui, les illusions dont nous nous bercions au sujet des succès de la société viking: en dernière analyse, elle ne différait pas particulièrement de la plupart des pays que nous connaissions déjà... Non, le resserrement des liens sociaux dû à sa faible population, très homogène du fait de l'insularité, ne la préservait nullement des affres de la cupidité. Au contraire, l'enrichissement rapide que venaient de connaître les Islandais, encourageait l'émergence d'une classe de nouveaux riches dont les châteaux, boursoufflés à l'air de l'endettement, se dégonflent désormais comme de ridicules baudruches. Quant à la majorité des autres, par souci de préser…